Sur un chemin de campagne qui sentait bon la mûre sauvage, la paille coupée et les blés de l’été, un enfant blond se promenait en sifflotant un air léger.
Il entendit venant des cieux, un doux chant mélodieux, le tirant de ses rêveries. Il leva vers le ciel, un regard ébloui, la main en visière.
Planant entre les nuages, un bel oiseau bleu au grand panache, déployait ses ailes couleur argent, sous la caresse du vent.
Il tournoyait majestueux, virtuose des airs, offrant un ballet merveilleux, aux yeux ravis de l’enfant.
Le garçonnet n’osait y détacher le regard de crainte que le bel oiseau ne s’évapore, comme les lueurs d’un tout dernier songe pris au filet lorsque paraît l’Aurore.
Enfin…achevant sa danse, dans un dernier mouvement, rabattant ses ailes argent, l’oiseau vint se poser au bord du torrent, à quelques pieds de l’enfant, qui restait encore fasciné par tant de merveilles.
L’Oiseau reprit son chant, que l’enfant étonné, Comprit aisément…
« Je suis l’oiseau bleu, au chant mélodieux…
Je suis l’oiseau bleu que chante la terre….
Je suis l’oiseau bleu qui chante la mer…
Je suis l’oiseau bleu que pleurent les gemmes
Je suis l’oiseau bleu que gronde le ciel…
Je suis l’oiseau bleu…
Je suis l’azur autant que l’océan
Je suis l’immense autant que l’infime
Je chante la terre, je chante la vie.
Je suis d’ici, je suis d’ailleurs
Je suis l’oiseau bleu, l’oiseau de l’eau, l’oiseau de Pluie
Je suis l’Ondée, je suis la source et le Mystère ! »
« Et toi ? Qui est tu ? Toi qui a la chance de me voir vraiment. Bien d’autres avant on essayé en m’appelant, en m’invoquant et n’y ont jamais vu rien d’autres que mon reflet
Ou alors seulement les prismes de l’Arc en Ciel où je me dissimule, mais sans jamais vraiment me voir. »
« Moi ! » répondit l’Enfant, « Je suis l’Enfant et je n’ai rien essayé, tu m’es juste apparût. J’ai entendu ton chant, alors que je marchais sur le sentier. Pour t’apercevoir, il m’a juste suffit de lever les yeux vers le Ciel.
Et l’enfant de continuer :
« Moi ! Je suis l’Enfant, Je suis l’hier, je suis l’aujourd’hui.
Je suis l’Enfant et pour ce qui est de Demain, je ne sais plus très bien ! Les grands disent Avenir, mais ils ne voient pourtant pas bien loin.
Moi ! Je suis l’Enfant. Et je chante aussi, enfin plus tellement maintenant… Mais je suis né pour chanter tout comme toi ! Tu vois !
Moi ! Je suis l’Enfant. Je suis la Joie, enfin plus tellement maintenant… Mais je suis né pour grandir tout comme les torrents qui prennent leur source aux minces filets d’eau, que tu verras là bas derrière la colline, Oiseau bleu !
Et dis l’oiseau, je peux monter sur ton dos pour m’envoler très haut et te montrer ou c’est !
Tu sais l’Oiseau, je suis l’Enfant… Et tout comme toi, les grands n’y voient que mon reflet !...
Alors tu vois bel oiseau, je crois qu’on avait tout pour se rencontrer ! »
Alors l’Oiseau bleu invita l’enfant à monter sur son dos. Ils planèrent un moment dans le ciel, partageant des secrets.

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