La fatigue se faisait sentir et au front d’Opaline perlaient des gouttes de sueur, qui troublaient un peu plus sa vue. La brume entourait tout. Il ne semblait y avoir âme qui vive. Et Opaline ne distinguait plus de la belle libellule, qu’un point lumineux dans l’épaisseur du brouillard. Mais il lui fallait continuer à avancer. Elle présageait que si elle s’arrêtait ne serait ce qu’une minute pour reprendre son souffle, les marées l’engloutiraient à tout jamais.
Il y avait quelque chose de malsain dans cet endroit. La jeune fille se sentait épiée de toute part. Le bas de sa belle robe blanche était tâché de boue à présent. Elle ne ressemblait plus à la belle demoiselle aérienne, qui avait descendu les marches prestement, quelques heures auparavant. Alors comme pour se donner du courage et trouver la force de continuer à avancer malgré la difficulté, elle s’imaginait ce qu’elle découvrirait de l’autre côté du marais. S’il pouvait exister des endroits aussi immondes, elle qui n’avait jamais parcouru le monde, que du regard de sa fenêtre, elle était tout autant convaincue qu’il devait exister des endroits magiques. C’était une certitude… Un endroit où elle se sentirait bien. Un lieu magique où elle pourrait se laisser aller en toute sérénité à contempler les couchers de lune. Un jardin où il y aurait des fleurs, du jasmin, et même des tapis de mousse douce, qui l’inviteraient au repos. Un endroit où ses larmes qui coulaient sans cesse au cœur de la terre, cesseraient à jamais, pour faire place au sourire.
Opaline tout à sa rêverie s’arma davantage de courage. Il lui fallait sortir de ce marécage, avant que la nuit fasse place au petit matin.
A suivre…
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